Les quartiers de Tirana
4 h de parcours4 étapesIdéal: Le Pazari i Ri le matin. Blloku la nuitMis à jour juillet 2026
On la traverse à pied d’un bout à l’autre, alors ici les quartiers, ce n’est pas une affaire de distances : c’est une affaire de couches d’histoire superposées en quelques pâtés de maisons. Le quartier de la fête est celui qui était interdit, le grand parc a été fait par le régime, et le marché a failli disparaître.

Voici les quatre qui comptent, et ils sont tous à une promenade du centre.
L’itinéraire, étape par étape
4 ÉTAPES- 01
Blloku
Le quartier à l’histoire la plus brutale de la ville et aujourd’hui le plus animé. Jusqu’en 1991, il était bouclé et surveillé : Hoxha et l’élite du Parti y vivaient, et un Albanais ordinaire ne pouvait pas y entrer. Ni s’y promener, ni le traverser. Il existait un bloc interdit au centre de sa propre capitale et tout le monde savait où il était.
Il s’est ouvert en 1991 et la ville se l’est entièrement approprié : bars, restaurants, terrasses et boutiques, et c’est là que Tirana sort. La villa de Hoxha tient toujours debout, à un angle, et on peut la voir de l’extérieur.
Boire une bière dans la rue où l’on vous aurait arrêté pour avoir marché est une expérience rare et vivement recommandée.
- 02
Pazari i Ri
Le marché neuf cache l’ancien : il a été réaménagé il y a quelques années au lieu d’être rasé, ce qui à Tirana n’était pas l’issue prévisible. Autour des étals de fruits, légumes, fromage et viande, il y a une place avec des restaurants, et les rues alentour se sont remplies de petites adresses.
C’est là que la ville fait ses courses le matin et mange le soir, et c’est la zone où l’on mange le mieux sans prétentions. Les immeubles sont peints de couleurs vives, héritage de l’époque de Rama maire.
Allez-y le matin pour le marché et revenez dîner.
- 03
Le boulevard et le centre
Le boulevard des Martyrs de la Nation traverse Tirana du nord au sud et concentre presque tout : la place Skanderbeg, les ministères, l’université, la Pyramide. Les architectes italiens l’ont tracé pendant l’occupation de Mussolini, dans les années trente, d’où cette monumentalité fasciste du centre qui ne cadre avec rien d’autre.
Ensuite le communisme a ajouté le sien, puis sont venus les couleurs de Rama et les tours neuves. Le résultat est un centre où, en deux cents mètres, on voit quatre régimes construire sur le précédent.
C’est laid par endroits et fascinant tout du long.
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Le Grand Parc et le lac
Au bout du boulevard, le Parku i Madh : forêt, sentiers et un lac artificiel construit au temps du régime, aujourd’hui l’endroit où Tirana court, se promène et s’assied.
Il est vraiment grand et, en été, c’est le seul endroit à l’ombre.
C’est un bon contrepoids aux musées de bunkers : ici on voit la ville normale faire des choses normales, des familles le dimanche, des gens qui courent, des couples. Après une matinée de police secrète, ça fait du bien.
Questions fréquentes
Où loger à Tirana ?
Au centre ou à Blloku : la ville est petite et de là tout se fait à pied. Blloku a les bars et les restaurants. Le centre met la place et les musées à un pas. Le secteur du Pazari i Ri est le meilleur pour manger.
Pourquoi les immeubles de Tirana sont-ils colorés ?
Par décision d’Edi Rama, peintre de métier, lorsqu’il devint maire à partir de 2000 : sans argent pour rénover, il fit peindre les façades grises de couleurs vives. On lui attribue d’avoir changé l’humeur de la ville, et il finit Premier ministre.
Tirana est-elle sûre ?
Oui, et la mauvaise réputation est dépassée : c’est une capitale tranquille et le visiteur ne rencontre pas de problèmes. Ce qu’il y a, c’est une circulation chaotique, donc le vrai risque de Tirana, c’est de traverser la rue, pas la délinquance.