Phuket en un jour
9 h de parcours5 étapesIdéal: Le dimanche, pour finir sur la rue piétonne de ThalangMis à jour juillet 2026
Si vous n’avez qu’un jour, la plage est ce qu’on perd le moins : il y a trente kilomètres de sable sur la côte ouest et ils se ressemblent pas mal. Ce qui ne se répète nulle part ailleurs en Thaïlande, c’est Phuket Town, le vieux quartier que les mineurs d’étain ont bâti avec de l’argent chinois et des façades portugaises, et qui tient debout rue par rue.

La journée s’organise d’elle-même par la géographie : le matin dans la vieille ville, à l’est, le midi en montant au grand Bouddha, visible de la moitié de l’île, et l’après-midi en descendant au sud jusqu’au cap où l’île s’achève. Prévoyez taxi ou voiture toute la journée. Ici, aucune ligne ne relie ces trois choses, et c’est la première leçon de Phuket.
L’itinéraire, étape par étape
5 ÉTAPES- 01
Thalang Road et les maisons de l’étain
Phuket ne s’est pas enrichie avec les touristes, elle s’est enrichie avec l’étain. Au XIXe siècle, des milliers de mineurs hokkien vinrent du sud de la Chine, et ceux qui prospérèrent se firent bâtir des maisons à deux étages avec porche à l’avant, hautes fenêtres et carreaux européens : le style qu’on appelle ici sino-portugais et qui fut en réalité copié de Penang et Malacca. Thalang est le tronçon le mieux conservé et se parcourt entièrement en vingt minutes.
Enfoncez-vous dans Soi Romanee, la ruelle qui part vers le nord. C’était la rue des bordels et des maisons de jeu des mineurs, et c’est aujourd’hui la rangée de façades colorées de toutes les photos. La première moitié de l’histoire se raconte rarement.
Et entrez sous n’importe quel porche : ce trottoir couvert continu n’est pas un décor, c’est une règle coloniale pensée pour marcher sous la pluie comme sous le soleil, et elle tient toujours ses promesses.
- 02
Wat Chalong et les pétards
Le plus grand temple de l’île honore deux moines, Luang Pho Chaem et Luang Pho Chuang, qui soignèrent les blessés lors d’une révolte de mineurs au XIXe siècle. L’île leur doit encore des faveurs, et cela se voit dans ce qui s’y passe : on vient ici pour demander et, surtout, pour payer.
Dans l’enceinte, il y a un four de brique où l’on tire des pétards quand ce qu’on avait demandé s’est réalisé. Si vous entendez des salves en vous promenant, ce n’est pas une fête : c’est quelqu’un qui solde une promesse.
Le chedi à trois étages garde un fragment d’os de Bouddha rapporté du Sri Lanka, et depuis le balcon supérieur on voit tout le sud de l’île, la meilleure façon de comprendre où vous allez ensuite.
- 03
Le grand Bouddha de Nakkerd
Quarante-cinq mètres de Bouddha blanc au sommet du mont Nakkerd, visible de la moitié de l’île et par le hublot de l’avion à l’atterrissage. Il est revêtu de marbre birman et payé par des dons, dalle par dalle : voilà pourquoi il est en travaux depuis 2004 et pourquoi il n’est pas tout à fait terminé. Vous pouvez acheter une plaque, écrire dessus et la voir posée sur le mur.
La montée fait six kilomètres de virages serrés depuis Chalong et c’est la route où finissent au sol le plus de motos de location. Si vous ne roulez pas depuis des années, ce n’est pas l’endroit pour apprendre.
En haut, il y a du vent, ce qui à midi sur cette île est un luxe, et une vue à trois cent soixante degrés : la baie de Chalong d’un côté, Kata de l’autre, et au milieu l’épine montagneuse qui explique pourquoi ici rien n’est près de rien.
- 04
Rawai, où le poisson débarque
Bon à savoir avant d’étaler la serviette : à Rawai, l’eau est peu profonde, pleine de barques au mouillage, et le sable s’arrête contre un muret. C’est un port de travail. C’est ici que les chao leh, les dits gitans de la mer, ont leur village depuis bien avant que Phuket ne soit Phuket.
Sur le front de mer, une rangée de stands grille ce qui vient d’être débarqué, et une petite halle où vous choisissez la bête qu’on vous cuisine en face pour un supplément. C’est la nourriture la plus honnête de l’île et c’est à dix minutes du cap.
Les bateaux à longue queue amarrés sont ceux qui partent vers les îles d’en face : le moteur est littéralement un moteur de voiture monté sur une perche, et c’est pour ça qu’ils sonnent ainsi.
- 05
Promthep, où l’île s’achève
Ici, Phuket s’arrête. Le cap est la pointe sud-ouest et l’endroit où l’île entière vient voir le soleil se coucher, alors arrivez à l’avance : le parking se remplit une heure avant, le belvédère du haut une demi-heure avant. Descendez le sentier jusqu’au petit phare, ce que presque personne ne fait, et vous aurez le même soleil avec deux fois moins de monde.
Depuis le bord, il n’y a pas que le coucher de soleil : en face, les îlots (Ko Kaeo et, les jours clairs, la silhouette de Phi Phi au fond) et à droite toute la baie de Nai Harn. Il y a un sanctuaire où les gens laissent des éléphants en bois quand ils demandent quelque chose, et il y en a des centaines.
Et quand le soleil s’en va, il s’en va : sous les tropiques, le crépuscule dure vingt minutes, puis c’est la nuit noire.
Questions fréquentes
Que faire à Phuket si l’on n’a qu’un jour ?
Le vieux quartier de Phuket Town le matin, le grand Bouddha à midi et le cap Promthep au coucher du soleil. La plage est ce qu’on perd le moins : il y a trente kilomètres de sable qui se ressemblent, tandis que les maisons de l’étain n’existent nulle part ailleurs en Thaïlande.
Faut-il une voiture ou un taxi pour se déplacer à Phuket ?
En pratique, oui. Aucun réseau ne relie les plages entre elles : les songthaew partent de Phuket Town vers chaque plage et reviennent, donc aller de Patong à Kata en transport public revient à repasser par la ville. Pour une journée, un taxi convenu à l’heure ou une voiture.
Combien de temps pour traverser l’île ?
De l’aéroport, au nord, au cap Promthep, au sud, il y a une cinquantaine de kilomètres et environ une heure et demie : plus que ce que suggère la carte. L’île a une épine montagneuse au centre et les routes la contournent ou la franchissent à coups de virages.