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Jakarta en un jour
9 h de parcours5 étapesIdéal: Dimanche matin : l’avenue principale ferme à la circulationMis à jour juillet 2026
Jakarta a la pire presse d’Asie du Sud-Est et c’est une erreur. Les gens l’utilisent comme escale vers Bali et y restent un jour, tout au plus, convaincus qu’il n’y a que des embouteillages et des centres commerciaux. Les embouteillages sont réels et légendaires. Le reste, non.

Ce qu’il y a : un quartier colonial hollandais où presque personne ne met les pieds, la meilleure cuisine de rue d’Indonésie, un port où l’on charge encore à la main des goélettes en bois, et la démonstration de tolérance religieuse la plus frappante que vous verrez dans aucune ville au monde. Une journée bien planifiée, et ici « bien planifiée » veut dire éviter le trafic, suffit pour tout cela.
L’itinéraire, étape par étape
5 ÉTAPES- 01
La mosquée et la cathédrale, face à face
Commencez ici : cette ville n’a rien de mieux, et presque personne ne le raconte. La mosquée Istiqlal est la plus grande d’Asie du Sud-Est et contient un nombre de personnes qui ne paraît pas réel. Et juste en face, de l’autre côté de la rue, se trouve la cathédrale catholique de Jakarta, néogothique, avec ses flèches.
Ce n’est pas un hasard urbanistique : Sukarno, le premier président de l’Indonésie, a choisi ce terrain exprès, face à la cathédrale, comme déclaration que le pays serait pluriel. Le nom de la mosquée, Istiqlal, signifie « indépendance ». Et cela ne s’est pas arrêté là : elles partagent un parking, et à la messe de Noël les musulmans cèdent le leur aux catholiques, et lors des fêtes musulmanes c’est l’inverse. En 2021, on a en outre ouvert un tunnel piéton entre les deux, appelé le Tunnel de la Silaturahmi : de la fraternité.
Dans le pays qui compte le plus de musulmans au monde, la plus grande mosquée et la cathédrale partagent le parking. Commencez la journée avec ça en tête.
- 02
El Monas
Le Monument national, au milieu d’une place immense : une colonne de marbre de 132 mètres surmontée d’une flamme recouverte d’or véritable. Des dizaines de kilos. Sukarno la fit ériger dans les années soixante pour célébrer l’indépendance et pour avoir un symbole capable de rivaliser avec la tour Eiffel ou l’obélisque de Washington.
On monte en ascenseur jusqu’au belvédère et l’on voit l’étendue de la ville, c’est ce qui frappe. En bas, un musée avec des dioramas de l’histoire de l’Indonésie et la salle de l’indépendance, avec le texte original de la déclaration de 1945.
C’est l’image de Jakarta et elle se trouve au centre géographique et symbolique de tout.
- 03
Kota Tua, la Batavia hollandaise
La vieille ville et la partie que presque aucun visiteur ne voit. C’était Batavia, la capitale de l’empire commercial hollandais en Asie pendant trois siècles, siège de la Compagnie des Indes orientales, qui fut la première multinationale de l’histoire et eut jusqu’à sa propre armée.
Autour de la place Fatahillah, les bâtiments demeurent : l’ancien hôtel de ville, aujourd’hui musée d’histoire de Jakarta, avec les cachots en dessous, le musée des marionnettes wayang, et le Café Batavia, dans un édifice de 1805. La place se remplit de gens qui louent des vélos colorés avec un chapeau assorti, image très locale et très amusante.
Le quartier est à moitié restauré, et ce mélange de splendeur coloniale et de ruine tropicale est exactement ce qui le rend intéressant.
- 04
Sunda Kelapa
Le vieux port et la chose la plus étonnante de Jakarta : une rangée de pinisi (des goélettes en bois à deux mâts, construites à la main par les Bugis de Célèbes selon des techniques séculaires) amarrées en file, chargées et déchargées par des hommes qui marchent sur une planche étroite, des sacs sur l’épaule.
Et ce n’est ni un musée ni une reconstitution : c’est un port commercial en activité. Ces bateaux transportent du ciment, du bois et des marchandises vers les îles de l’archipel en ce moment même, car pour bien des routes ils restent plus rentables qu’un cargo. C’est une scène du XIXe siècle qui fonctionne dans une mégapole du XXIe, à vingt minutes à pied d’un centre commercial de luxe.
Un chiffre : l’Indonésie compte plus de dix-sept mille îles, et voici comment beaucoup d’entre elles sont reliées.
- 05
Glodok, le quartier chinois
Juste à côté de Kota Tua : ruelles étroites, marchés humides, temples enfumés d’encens et de la nourriture partout. C’est l’un des plus vieux quartiers chinois d’Asie du Sud-Est et le meilleur endroit du coin pour manger.
Il a une histoire qu’il vaut mieux connaître pour comprendre le quartier : la communauté chinoise de Jakarta a subi des épisodes très violents, du massacre de 1740 sous les Hollandais aux émeutes de 1998, quand Glodok fut pillé et incendié pendant la chute de Suharto.
Qu’il soit aujourd’hui un quartier vivant et bruissant, avec ses temples ouverts et son marché à plein, en dit long. Ce n’est pas un décor touristique : il n’y a presque pas de touristes.
Questions fréquentes
Vaut-il la peine de s’arrêter à Jakarta ?
Oui, et c’est la ville la plus sous-estimée d’Asie du Sud-Est. Elle a le quartier colonial hollandais de Kota Tua, le port de Sunda Kelapa où l’on charge encore à la main des goélettes en bois, la meilleure cuisine de rue du pays et la plus grande mosquée d’Asie du Sud-Est face à la cathédrale, partageant un parking.
Pourquoi la mosquée Istiqlal est-elle face à la cathédrale ?
Parce que Sukarno, le premier président de l’Indonésie, a choisi ce terrain exprès comme déclaration que le pays serait pluriel. Elles partagent un parking et se le cèdent mutuellement lors de leurs fêtes respectives, et depuis 2021 un tunnel piéton les relie, appelé de la Silaturahmi, de la fraternité.
Qu’est-ce que Kota Tua ?
La vieille ville de Jakarta, qui fut Batavia : la capitale de l’empire commercial hollandais en Asie pendant trois siècles et siège de la Compagnie des Indes orientales, la première multinationale de l’histoire. L’hôtel de ville de l’époque subsiste, aujourd’hui musée, avec plusieurs bâtiments coloniaux autour de la place Fatahillah.