Excursions depuis Toronto
4 étapesIdéal: De mai à octobre. Et en octobre, pour l'érableMis à jour juillet 2026
Les chutes du Niagara bougent. L'eau érode la roche tendre sous le rebord, la corniche dure reste en surplomb et finit par se détacher, la chute recule donc vers l'amont : elle a remonté onze kilomètres depuis la dernière glaciation et se trouve aujourd'hui à quelque onze kilomètres de son point de départ. Elle a reculé jusqu'à plus d'un mètre par an.

Et la seule chose qui l'a freinée est une décision humaine : en détournant une bonne partie du débit vers les centrales hydroélectriques, l'érosion est tombée à une trentaine de centimètres par an. Autrement dit, les turbines n'emportent pas seulement l'eau : elles lui ont changé sa géologie. C'est à une heure et demie, et c'est l'excursion obligatoire. Le reste d'ici, c'est lac, vin et forêt.
L’itinéraire, étape par étape
4 ÉTAPES- 01
Les chutes du Niagara
La hauteur déçoit : cinquante-sept mètres, moins que bien des immeubles de Toronto. Ce qui impressionne, c'est le débit, qui en journée l'été dépasse deux mille huit cents mètres cubes par seconde sur le fer à cheval canadien, et le bruit, qu'on entend avant de les voir. La grande chute est du côté canadien et c'est pourquoi c'est le Canada qui a la bonne vue et pas les États-Unis, ce qui à New York ne plaît guère.
La façon de les voir, c'est de passer dessous : les bateaux qui vont jusqu'au pied du fer à cheval vous laissent trempé même avec le poncho, et c'est là qu'on comprend le volume. Il y a aussi des tunnels creusés derrière le rideau d'eau.
Et une chose à dire pour que vous ne soyez pas déçu : le village d'à côté est une fête foraine avec musées de cire et maisons hantées. Allez-y, regardez les chutes, puis filez vers le nord.
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Niagara-on-the-Lake et le vin
À vingt minutes au nord des chutes, un village de maisons en bois du début du XIXe siècle, avec une rue principale, un théâtre et un fort de la guerre de 1812. Il a échappé à tout, y compris à la fête foraine d'à côté, et c'est le contrepoids exact de la journée.
Autour se trouve la principale région viticole du Canada, protégée par le microclimat du lac Ontario, qui fait radiateur et allonge la saison. Et c'est ici qu'on fait l'ice wine : les raisins restent sur le cep jusqu'en décembre ou janvier, jusqu'à geler à moins huit ou plus froid, et on les vendange et on les presse gelés, de nuit. L'eau du raisin reste sous forme de cristaux de glace dans le pressoir et il ne sort que le sucre concentré.
Un cep entier donne quelques gouttes, et c'est pour ça qu'il coûte ce qu'il coûte. Le Canada est le premier producteur mondial, devant l'Allemagne, qui l'a inventé.
- 03
Prince Edward County
Une île du lac Ontario, à deux heures et demie à l'est, qui il y a vingt ans était de la campagne et qui est aujourd'hui l'escapade de week-end de Toronto : petits domaines viticoles, fermes, fromageries et une rue de village avec de bons restaurants. C'est ce que serait la campagne s'il y avait de la campagne ici.
Ce qui la rend étrange, c'est Sandbanks : il y a des dunes de sable d'eau douce de vingt-cinq mètres de haut, avec plage, au milieu d'un lac. Elles comptent parmi les plus grandes du monde dans leur genre et ne collent mentalement avec rien : on dirait la côte et vous êtes à mille kilomètres de la mer.
Cela se fait obligatoirement en voiture et c'est une longue journée, donc cela marche mieux avec une nuit sur place.
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Algonquin
Trois heures au nord commence le Canada que vous avez en tête : sept mille kilomètres carrés de forêt et de lacs, avec des orignaux, des castors et des loups, et sans routes sauf une qui le traverse. C'est le plus ancien parc provincial de l'Ontario, de 1893, et la façon classique de le parcourir est en canoë, en sautant de lac en lac et en portant le canoë sur l'épaule entre les deux.
Mais la raison de faire les trois heures est une question de calendrier : fin septembre et début octobre, l'érable à sucre devient rouge et la forêt entière change de couleur pendant deux ou trois semaines. Ce n'est ni une métaphore ni une photo retouchée : c'est la feuille du drapeau et cela arrive vraiment.
Les dates changent chaque année selon le froid, et des bulletins officiels les suivent semaine après semaine. Si votre voyage tombe là, cela bat tout le reste de cette liste.
Questions fréquentes
Comment aller aux chutes du Niagara depuis Toronto ?
Une heure et demie au sud, en voiture, en bus ou en train. La grande chute, le fer à cheval, est du côté canadien, la bonne vue est donc celle-ci. Et le conseil qui change la journée : voyez les chutes puis filez vingt minutes au nord, à Niagara-on-the-Lake, parce que le village d'à côté est une fête foraine.
Est-il vrai que les chutes du Niagara bougent ?
Oui : l'eau érode la roche tendre sous le rebord et la corniche dure finit par se détacher, la chute recule donc vers l'amont. Elle a remonté onze kilomètres depuis la dernière glaciation et a reculé jusqu'à plus d'un mètre par an. Détourner le débit vers les centrales l'a freinée à une trentaine de centimètres.
Quand l'érable change-t-il de couleur en Ontario ?
Fin septembre et début octobre, pendant deux ou trois semaines, et les dates exactes changent chaque année selon le froid : des bulletins officiels le suivent semaine après semaine. L'endroit, c'est le parc Algonquin, à environ trois heures au nord de Toronto.