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OZU /ÉMIRATS ARABES UNIS /DUBAÏ /GUIDE

Où manger à Dubaï

3 h de parcours4 étapesIdéal: Le soir, quand cette ville sort dans la rueMis à jour juillet 2026

EN BREF

Deux cents nationalités cuisinant dans la même ville : voilà la réponse à ce qu'on mange à Dubaï, et non une tradition locale. Le dire n'est pas du mépris, c'est de l'arithmétique. La cuisine émiratie existe (il y a des plats, une tradition, des dattes et du chameau) mais c'est celle d'une petite minorité dans sa propre ville, et la trouver demande de la chercher exprès.

Spices, dried limes and nuts in the Deira souk
© McKay Savage from Cusco, Peru · CC BY 2.0 · Wikimedia Commons

Ce qu'il y a à la place est bien meilleur que ça n'en a l'air : la cuisine de tous ceux qui sont venus construire ça. Inde, Pakistan, Iran, Liban, Philippines, Égypte, Éthiopie. Faite par des gens de là-bas, pour des gens de là-bas, dans des quartiers sans un seul touriste, et pour une fraction du prix de n'importe quoi à Downtown. La meilleure cuisine de Dubaï n'est pas dans la tour : elle est dans un local aux néons à dix minutes de métro.

L’itinéraire, étape par étape

4 ÉTAPES
  1. 01

    Karama, Satwa et Deira

    ⏱ 2-3 hEn métro. Dix minutes depuis Downtown et un autre monde

    Dans ces quartiers vit la majorité des gens de cette ville, et c'est là qu'on mange vraiment. Al Karama, c'est le sud de l'Inde : des dosas de la taille d'un bras, du thali servi sur un plateau métallique, de la cuisine du Kerala. Satwa, c'est le philippin et le pakistanais. Et Deira, à côté des souks, c'est l'iranien, l'afghan et l'égyptien.

    Ce sont des locaux sans aucune prétention : néons, tables en formica, cartes plastifiées pour de vrai et une file de gens qui sortent du travail. Et là se trouve le meilleur argument de Dubaï comme destination gastronomique, que presque personne n'utilise : dans un même pâté de maisons, vous pouvez dîner d'une cuisine du sud de l'Inde faite par des gens du Kerala, d'un kebab iranien fait par des Iraniens et d'un houmous libanais fait par des Libanais, le tout pour moins qu'un billet pour le belvédère.

    C'est l'avantage réel d'une ville faite entièrement de gens venus d'ailleurs. Allez-y en métro et ne prenez pas de taxi : il y a une station à la porte.

  2. 02

    La cuisine émiratie, si vous la cherchez

    ⏱ 2 h

    Elle existe et elle vaut la peine, mais il faut la chercher exprès parce que vous ne la trouverez pas par hasard.

    Le plat central, c'est le machboos : du riz épicé cuit avec de la viande ou du poisson, avec du citron séché (le loomi, un citron qu'on fait bouillir et sécher au soleil jusqu'à ce qu'il devienne noir et dur) qui lui donne une amertume citronnée très particulière.

    C'est un cousin du biryani indien et du kabsa saoudien, et cette parenté raconte l'histoire commerciale du Golfe mieux qu'un musée.

    Autour, il y a le harees, une purée de blé et de viande cuite pendant des heures jusqu'à se défaire, qu'on mange surtout pendant le Ramadan, les luqaimat, des petites boules frites nappées de sirop de datte qui sont le dessert national, et le chameau, qu'on mange en ragoût et en burger, et dont le lait est dans tous les supermarchés.

    Il y a deux ou trois endroits qui font ça sérieusement, dont un centre culturel à Al Fahidi où l'on mange assis par terre avec une famille émiratie qui répond à ce que vous lui demandez. C'est la meilleure façon de le faire.

  3. 03

    Le karak

    ⏱ 30 min

    Le thé karak fait office de boisson nationale de facto : du thé noir bouilli avec du lait concentré, de la cardamome et beaucoup de sucre, servi dans un petit gobelet en plastique minuscule et brûlant. Il vient du chai indien, apporté par les travailleurs du sous-continent, et aujourd'hui tout le monde en boit, Émiratis compris.

    Et il a une institution à lui qui est du pur Dubaï : les cafés de karak avec service au volant. Vous vous arrêtez sur le bas-côté, vous klaxonnez ou commandez par une fenêtre, et on vous le passe sans descendre, avec un regag : un pain très fin cuit sur plaque avec du fromage et parfois de l'œuf. Il y a des endroits où, à minuit, vingt voitures sont garées en file à boire du thé sans que personne ne descende.

    Dans une ville où, pendant la moitié de l'année, on ne peut pas être dans la rue, la vie sociale se fait à l'intérieur de la voiture. Ce petit gobelet ne coûte pratiquement rien et c'est la chose la plus quotidienne et la plus honnête de cet endroit.

  4. 04

    Le brunch et l'alcool

    ⏱ 4 h

    Le brunch du week-end fonctionne ici comme une institution sérieuse : un buffet énorme dans un hôtel, boissons à volonté incluses, qui commence à midi et dure tout l'après-midi. C'est le grand rendez-vous social de la communauté étrangère d'ici et c'est une scène à voir même si ce n'est pas votre truc. Il y a des gens qui se retrouvent au même chaque samedi depuis des années.

    Et avec ça, les règles de l'alcool, qu'il faut connaître pour ne pas s'attirer d'ennuis. On sert de l'alcool légalement, mais seulement dans des établissements licenciés, qui en pratique sont des hôtels, des clubs et des restaurants autorisés. Il ne se vend pas dans les supermarchés ordinaires, mais dans des boutiques spécifiques. Et voici l'important : boire dans la rue ou dans tout espace public est illégal, et être ivre en public est un délit, pas une simple contravention.

    La combinaison des boissons à volonté à midi et d'une loi stricte à la sortie a mis beaucoup de gens dans un vrai pétrin. De l'hôtel au taxi, et du taxi à la maison. Il n'y a pas de place pour son propre jugement là-dessus.

Questions fréquentes

Que mange-t-on à Dubaï ?

Surtout la cuisine de tous ceux qui sont venus construire ça : indienne, pakistanaise, iranienne, libanaise, philippine, égyptienne, à Al Karama, Satwa et Deira, à dix minutes de métro et pour une fraction des prix de Downtown. La cuisine émiratie existe (machboos au citron séché, harees, luqaimat, chameau) mais il faut la chercher exprès, parce que les Émiratis sont une petite minorité dans leur propre ville. Et le karak, le thé à la cardamome, commandé depuis la voiture.

Peut-on boire de l'alcool à Dubaï ?

Oui, mais seulement dans des établissements licenciés : hôtels, clubs et restaurants autorisés. Il ne se vend pas dans les supermarchés ordinaires, mais dans des boutiques spécifiques. Et l'important : boire dans la rue ou dans tout espace public est illégal, et être ivre en public est un délit, pas une simple contravention. Le brunch à volonté du week-end est une institution locale, mais c'est de l'hôtel au taxi et du taxi à la maison.

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