Manger à Tokyo
3 h de parcours5 étapesIdéal: Le sushi, au petit-déjeuner. Le ramen, à une heure du matinMis à jour juillet 2026
Tokyo est depuis des années la ville comptant le plus d'étoiles Michelin au monde, devant Paris, et ça trompe : ça laisse penser que bien manger ici est cher et qu'il faut réserver des mois à l'avance. C'est l'inverse. Tokyo est la ville où bien manger est le plus facile et le moins cher du monde développé, parce que le niveau minimum est très haut.

La clé, c'est la spécialisation. Ici, un endroit fait une chose : uniquement de la tempura, uniquement de l'anguille, uniquement des soba, et il le fait depuis quarante ans. Pas de longue carte. Un local de huit places où un monsieur ne fait que du tonkatsu depuis 1980 sera meilleur que n'importe quel restaurant d'hôtel, et coûte le prix d'un menu du jour.
L’itinéraire, étape par étape
5 ÉTAPES- 01
Le konbini, sérieusement
Il faut le dire même si ça sonne mal : la nourriture des supérettes japonaises (7-Eleven, Lawson, FamilyMart) est bonne. Pas « acceptable pour une station-service » : bonne. Le sandwich à l'œuf du 7-Eleven a une réputation internationale méritée, les onigiri sont faits plusieurs fois par jour et ont un emballage ingénieux pour que l'algue ne s'humidifie qu'au moment où vous l'ouvrez.
C'est là que la moitié de Tokyo déjeune le matin et le midi, non par pauvreté mais parce que c'est bon et pas cher. Il y a du café correct, de la soupe, du poulet frit au comptoir. Pour un petit-déjeuner ou un dîner tardif après le dernier train, c'est la réponse.
Et oui, il faut goûter le sandwich à l'œuf.
- 02
La depachika
L'endroit qui surprend le plus et où presque aucun visiteur ne met les pieds. Les grands magasins japonais ont au sous-sol (depachika, de « depāto » et « chika », sous-sol) un marché alimentaire d'une échelle et d'une qualité qui n'existent pas en Europe : des allées et des allées de comptoirs avec bentō, tempura, wagyu, pâtisserie française, pickles, sashimi. C'est beau à voir même sans rien acheter : la présentation est obsessionnelle et les vendeuses vous proposent de goûter. Et il y a une astuce : la dernière heure avant la fermeture, ils soldent le frais, et des gens attendent qu'on commence à coller les étiquettes. Achetez un bentō et dînez où vous voulez : c'est l'un des meilleurs repas bon marché de la ville.
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Le ramen et la machine à tickets
Le système déroute la première fois : dans beaucoup de bars à ramen, il y a un distributeur à l'entrée. Vous mettez l'argent, choisissez votre bol en appuyant sur un bouton (parfois uniquement en japonais, avec des photos si vous avez de la chance), un ticket sort et vous le donnez au cuisinier. Pas de carte, pas de serveur, pas de conversation.
Et ensuite : on aspire. Ce n'est pas une légende, ça se fait et ce n'est pas mal élevé : ça refroidit la nouille et aère le bouillon. Ce qui est mal élevé, c'est de s'attarder : dans un local de dix places avec une file dehors, on mange et on sort. Quarante minutes à traîner à table, non.
Et il y a du ramen à trois heures du matin, c'est là qu'il est le meilleur.
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Le sushi au petit-déjeuner
Ça contredit tout ce que vous croyez, et pourtant c'est vrai : le meilleur sushi se mange le matin, parce que le poisson vient d'arriver. Au marché extérieur de Tsukiji, il y a des comptoirs qui ouvrent à cinq ou six heures et qui, à neuf heures, servent déjà le meilleur du jour.
Pas besoin d'aller dans un temple du sushi à trois étoiles avec liste d'attente. Un petit comptoir, huit places, le monsieur derrière et la vitrine devant. On mange une pièce à la fois, au fur et à mesure.
Et une note d'étiquette : le nigiri se mange à la main, pas avec des baguettes, et se trempe côté poisson, pas côté riz, sinon il se défait et emporte la moitié de la sauce.
- 05
Yakitori sous les voies
À Tokyo, les arches du viaduc ferroviaire abritent un quartier entier de tavernes : fumée, braises, tabourets dans la rue et employés de bureau qui desserrent leur cravate. Le yakitori, c'est du poulet grillé en brochette, et on utilise tout l'animal : cuisse, peau, cartilage, cœur, foie. On commande tare (avec sauce sucrée) ou shio (sel seul), et la bonne réponse la première fois est shio, pour vous rendre compte du goût réel. Ça s'accompagne de bière et d'autres brochettes. C'est bon marché, c'est informel, et avec le train qui passe au-dessus de votre tête toutes les trois minutes, c'est l'une de ces choses qui n'arrivent qu'ici.
Questions fréquentes
Manger à Tokyo, est-ce cher ?
Non : c'est l'une des villes où bien manger est le plus facile et le moins cher du monde développé, parce que le niveau minimum est très haut. Un local de huit places spécialisé dans une seule chose coûte le prix d'un menu du jour et est meilleur que n'importe quel restaurant d'hôtel.
Aspire-t-on le ramen au Japon ?
Oui, et ce n'est pas mal élevé : ça refroidit la nouille et aère le bouillon. Ce qui est mal vu, c'est de s'attarder dans un petit local avec une file dehors : on mange et on s'en va. Dans beaucoup d'endroits, on paie d'abord, à une machine à tickets à l'entrée.
Qu'est-ce qu'une depachika ?
Le marché alimentaire au sous-sol des grands magasins japonais : des allées de comptoirs avec bentō, tempura, wagyu, pâtisserie et sashimi, d'une qualité qui n'existe pas en Europe. La dernière heure avant la fermeture, ils soldent le frais.