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Manger à Londres
2 h de parcours5 étapesIdéal: Le roast, le dimanche à midi. Le curry, n'importe quel jourMis à jour juillet 2026
Réglons le cliché : la cuisine britannique est mauvaise. Elle l'a vraiment été pendant des décennies, le rationnement de la guerre a duré jusqu'en 1954 et a rasé toute une génération de cuisine, mais ça a cessé d'être vrai il y a vingt ans, et Londres est aujourd'hui l'une des meilleures villes du monde où manger.

Ce qui se passe, c'est que le bon n'est pas ce à quoi on s'attend. Le plat national britannique, déclaré tel par un ministre en 2001, c'est le poulet tikka masala, inventé ici. La meilleure cuisine de la ville est bangladaise, indienne, caribéenne et de tout l'ancien empire, rentrée à la maison. Et puis il y a le pub, où a survécu la vraie cuisine de ce pays.
L’itinéraire, étape par étape
5 ÉTAPES- 01
Le curry, et pourquoi il est britannique
En 2001, le ministre britannique des Affaires étrangères Robin Cook prononça un discours où il déclara le poulet tikka masala « véritable plat national britannique », et ce n'était pas une blague : l'argument était que le pays l'avait adopté et transformé, et que c'est exactement ce qu'est la Grande-Bretagne.
Le plat fut inventé ici, probablement à Glasgow, quand quelqu'un demanda de la sauce pour un poulet tikka qu'il trouvait sec et que le cuisinier improvisa avec de la tomate et de la crème.
La cuisine indienne de Londres n'est pas une importation touristique : c'est la cuisine familiale de communautés installées ici depuis des générations, surtout des Bangladais de la région de Sylhet. Brick Lane en fut l'épicentre et garde des curry houses, même si le meilleur est aujourd'hui dispersé : Tooting, Southall, Whitechapel.
C'est la cuisine la plus honnête et la moins chère de la ville.
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Le Sunday roast
L'institution qui démonte le cliché. Le dimanche à midi, les pubs servent le rôti : bœuf, agneau, porc ou poulet, avec des pommes de terre rôties dans la graisse, croustillantes dehors et farineuses dedans, des légumes, du gravy et un Yorkshire pudding, une pâte cuite au moule dans la graisse chaude, qui gonfle en creux comme un bol pour la remplir de sauce.
Bien fait, c'est un vrai repas. Il ne se sert que le dimanche, à midi, et les bons pubs l'épuisent à trois heures, alors on réserve ou on y va tôt. Ne le commandez pas dans un pub du centre avec des photos à la carte : cherchez-en un de quartier, avec une vraie cuisine.
C'est ce qu'il y a de plus britannique et ça ne se mange nulle part ailleurs au monde.
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Borough Market
Un marché tient dans ce secteur depuis environ mille ans, près du seul pont qui traversait la Tamise, et il fonctionne toujours. C'est aujourd'hui un marché couvert sous les voies du train, avec des étals de fromage, d'huîtres, de chorizo, de pain, et des endroits où manger debout venus du monde entier.
C'est touristique, oui, et bondé à l'heure du déjeuner. Mais la qualité est réelle et ce n'est pas un décor : ici, ce sont des cuisiniers qui achètent.
La tactique : y aller en milieu de matinée en semaine, ou tôt le samedi, et manger debout à trois étals différents plutôt que de s'asseoir à un seul.
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Le fish and chips, avec discernement
Il faut le faire une fois et bien le faire, car la différence entre un bon et celui du centre touristique est abyssale. Le bon : du poisson blanc frais, cabillaud ou églefin, dans une pâte fine et croustillante qui ne se décolle pas, frit à la minute, avec des frites épaisses et moelleuses à l'intérieur.
Ça se mange avec du vinaigre de malt et du sel, et une purée de pois à côté.
Le signe que vous êtes au mauvais endroit : que ce soit déjà prêt en attente sous une lampe. Dans un bon chippy, on le frit quand vous le commandez et vous attendez huit minutes. Les meilleurs sont dans les quartiers et sur la côte, pas près de Piccadilly.
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Le petit-déjeuner anglais
Le full English : œufs au plat, bacon, saucisses, haricots à la sauce tomate, tomate grillée, champignons, toast et, si vous osez, black pudding, c'est-à-dire du boudin. Tout dans la même assiette, à neuf heures du matin.
C'est excessif et c'est l'idée : c'était un repas d'ouvrier pour tenir la journée. Ça se mange dans un caff (un café à l'ancienne, en formica et thé au bol), pas dans un hôtel.
Et le thé vient avec du lait par défaut : si vous le voulez sans, il faut le dire, et on vous regardera quand même.
Questions fréquentes
Est-il vrai qu'on mange mal à Londres ?
Plus maintenant, et ça a cessé il y a vingt ans. Londres est aujourd'hui l'une des meilleures villes du monde où manger, avec la particularité que le meilleur n'est pas la cuisine britannique classique mais celle de l'ancien empire : indienne, bangladaise, caribéenne. La mauvaise réputation vient du rationnement de guerre, qui a duré jusqu'en 1954.
Quel est le plat national du Royaume-Uni ?
Le poulet tikka masala, et ce n'est pas une boutade : le ministre des Affaires étrangères Robin Cook l'a déclaré tel en 2001. Il a été inventé en Grande-Bretagne, probablement à Glasgow, et l'argument était qu'il représente ce qu'est le pays : quelque chose adopté d'ailleurs et transformé en sien.
Qu'est-ce que le Sunday roast ?
Le rôti du dimanche que les pubs servent à midi : viande rôtie, pommes de terre rôties dans la graisse, légumes, gravy et Yorkshire pudding, une pâte cuite au four, creuse, qui recueille la sauce. Il ne se sert que le dimanche et les bons pubs l'épuisent : réservez ou allez-y tôt.